L’EPSAH a organisé le premier colloque à destination des secouristes ambulanciers

L’EPSAH a organisé le premier colloque à destination des secouristes ambulanciers

  • Posté il y a 9 mois

txtPour la première fois, un colloque était adressé directement aux hommes de terrain que sont les secouristes-ambulanciers. Ces vendredi 21 et samedi 22 octobre, de nombreux acteurs de première ligne se sont exprimés sur leur vécu lors de différents déroulements d’opérations et, également, lors d’interventions traumatisantes.

Ainsi, parmi les thèmes développés, on retrouve : la loi dans l’urgence, le fonctionnement du Centre d’appel unifié 112, les attentats de Zaventem et Malbeek vécus par les Secouristes Ambulanciers et, enfin, un retour d’expérience sur les attaques de Paris. Les deux dernières thématiques ont été marquantes. « Effectivement, le terrorisme a marqué notre société », analyse Alex Tromont, Adjoint à la Direction de l’École Provinciale des Secouristes-Ambulanciers du Hainaut. « Il a également remis en cause des principes établis en matière d’Aide Médicale Urgente. Ce colloque a permis d’entendre plusieurs expériences vécues lors des attentats par des secouristes de premières lignes et de confronter ces expériences au dispositif existant afin d’en dégager les limites. »

« Dans des circonstances comme celles-là, nous avons dû d’emblée nous adapter à une situation absente des cas d’école », confie Vincent Gelé, infirmier à la Brigade des pompiers de Paris et qui était de garde le soir des attentats du Bataclan. « Ensuite, les automatismes reviennent et on se met à enchaîner les gestes classiques de poses de garrots, de pansements, de couvertures chauffantes avant d’évacuer rapidement les victimes vers les différents hôpitaux pour qu’ils les prennent en charge chirurgicalement, seule option en cas de blessures par balles. »

« Il y a un avant et un après », renchérit Jean-François Nion, ambulancier au SAMU de Paris, lui aussi présent la nuit des attentats. Au poste médical avancé installé non loin du Bataclan, il était chargé de « trier » les victimes. « Ce qui était assez compliqué, c’est cet afflux de victimes qu’il a fallu trier, évaluer et prendre en charge rapidement pour pouvoir sauver un maximum de vies ». Depuis ces événements tragiques, Jean-François Nion avoue relativiser beaucoup de choses mais concède également qu’il relève maintenant toutes les issues de secours quand il entre dans une salle de spectacle, chose qu’il ne faisait jamais auparavant. Il explique aussi avoir à nouveau ressenti l’angoisse de ses collègues quand Bruxelles a à son tour été frappée. « On savait ce que l’on avait vécu et on comprenait ce que les équipes belges pouvaient ressentir durant leurs interventions, on compatissait au malaise ambiant ».

Des échanges intenses ont rythmé ces deux jours. Les secouristes ambulanciers sont et seront toujours en première ligne. « Ce type d’événement pour un tel public cible n’existait ni en Wallonie ni à Bruxelles », explique Annie Taulet, Députée provinciale en charge de la Formation. « Si l’École Provinciale des Secouristes – Ambulanciers du Hainaut a souhaité s’investir dans cet événement, c’est aussi et surtout parce que les ambulanciers ont souvent émis le souhait que soient créés des espaces de discussion et de débat relatifs au métier. L’école forme, chaque année et à la demande des services 112 de la Province, entre 160 et 200 nouveaux Secouristes-Ambulanciers relevant de l’Aide Médicale Urgente.  Elle assure, également chaque année, les formations permanentes de plus de 1.000 secouristes ambulanciers AMU.  Elle réévalue quelques 200 ambulanciers chaque année. L’école contribue aussi à la formation d’une centaine d’ambulanciers relevant du Transport Médico-Sanitaire et assure les formations de base et permanentes en secourisme d’entreprise pour les administrations publiques et privées. »

Ces chiffres prouvent la bonne santé de l’école où l’idée d’un second colloque, l’an prochain, germe déjà!